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Revenir au bureau demain ?

juin 24, 2021

By Olivier CROS

Mudule image revenir au bureau

 

Revenir au bureau demain ? 


Sans aller jusqu’à reprendre l’idée de Julia de Funès sur la désacralisation du travail, on constate a minima un changement de rapport affectif et physique avec le lieu du travail. Derrière la révolution du télétravail, c’est donc celle du bureau qui se profile.


En ce mois de juin 2021, force est de constater que le « bureau » n’est plus central dans la vie et dans l’imaginaire des salariés français, en tous les cas pour ceux qui exercent une profession tertiaire hautement télétravaillable. Avec des accords d’entreprise visant en moyenne 2 à 3 jours de télétravail par semaine, le temps passé au bureau perd durablement sa prédominance et devient mineur dans la vie quotidienne.

N’étant plus qu’un lieu parmi d’autres, il rentre dès lors en compétition : avec le domicile bien sûr mais aussi avec les lieux de tourisme reconvertis en bureaux à la plage, avec la résidence secondaire quand elle existe ou encore avec les espaces de coworking.

Retour au bureau
Publicité d’une offre de Teleworking par le réseau hôtelier Melia.

Or dans cette compétition, le bureau n’est pas naturellement gagnant : il induit souvent un temps de trajet long et peu agréable, il peut être bruyant, il est parfois sous-équipé technologiquement, il est plus densément habité que le domicile, il est un lieu de représentation sociale qui peut user certains et il ne permet pas de « lancer une machine à laver en parallèle à une réunion » (dixit).

Dans cette nouvelle logique compétitive, le salarié agit désormais en consommateur : le bureau vaut-il le voyage ? Vais-je trouver du plaisir à y aller ? Mon expérience utilisateur sera-t-elle satisfaisante ? Que vais-je y apprendre ? On passe ainsi d’une logique d’habitation à une logique de consommation du bureau.

D’ores et déjà, nombre de collaborateurs mentionnent dans les groupes de travail que nous animons qu’aller au bureau ne fait plus naturellement sens, voire que cette idée semble obsolète. L’ANDRH mentionne ainsi que près de 30% des DRH de son réseau font face à des salariés qui ont radicalement réorganisé leur vie personnelle loin de leur établissement de rattachement.

Pour que le bureau vaille le voyage

Pour autant le bureau n’est pas près de disparaitre : poussé dans ce monde de comparaisons expérientielles, le bureau est en train de se réinventer pour conserver ce qui fait sa force : être le lieu privilégié des rapports humains à forte valeur professionnelle, voire à forte valeur émotionnelle.

En embrassant pleinement cette logique de lieu de « consommation du travail », le bureau trouvera naturellement les pistes d’amélioration pour devenir un lieu de destination privilégié à défaut d’être central et exclusif.

Le parcours collaborateur sera pensé pour fournir une expérience riche, y compris en ne passant que quelques heures par semaine. Les futurs espaces permettront la mise en œuvre de moments collaboratifs à haute valeur ajoutée (brainstorming, conférences, formations…), fourniront des services express réinventés (informatiques et rh en particulier) et faciliteront la convivialité pour y vivre des rencontres professionnelles particulièrement motivantes et enrichissantes.

Si la cible de transformation est claire, les défis pour y arriver sont nombreux : quel niveau d’hybridation trouver pour que les situations présentielles et distancielles soient toutes deux efficientes ? comment opérer ces nouveaux lieux qui tiendront plus des standards de l’hôtellerie et du commerce que de ceux du bureau ? quels modèles économiques pourront porter durablement les indispensables investissements tertiaires à venir ? quels seront les nouveaux schémas
directeurs immobiliers agiles ?

Alors oui, demain, (re)venir au bureau sera possible et surtout plaisant

Retail Talk 

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