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Retour vers le futur
avril 7, 2020
Le temps est à l’analyse et à la prospective pour imaginer un futur meilleur. A ce titre, parcourir les prédictions d’hier peut être riche d’enseignement sur cet exercice délicat.
Nous vous proposons une relecture critique et amusée d’une étude prospective mondiale réalisée en 2015 par les équipes Global Workplace Solutions de CBRE visant à imaginer les modes de travail en 2040.
Nous vous proposons une relecture critique et amusée d’une étude prospective mondiale réalisée en 2015 par les équipes Global Workplace Solutions de CBRE visant à imaginer les modes de travail en 2040.
Dans 25 ans, à quoi ressemblera le monde du travail ?
Pour tenter de répondre à cette question par essence insaisissable, les équipes Global Workplace Solutions de CBRE ont réalisé l’étude “The Smart Workplace in 2040”. Une recherche appuyée sur les visions de 26 spécialistes internationaux, tels que des architectes, chercheurs, scientifiques, experts en espaces de travail, etc. Leurs conclusions forment une analyse prospective de 86 pages se penchant sur les potentielles répercussions des évolutions technologiques et sociétales sur nos modes de vie et de travail. Avec du recul, cette étude a étonnamment vu juste.
L’idée centrale de ce rapport, est que, dans une société du savoir et hypertechnologique, l’individu reprend la main sur sa relation au travail qui n’est, dès lors, plus une addition de contraintes mais plutôt une série de choix.
Profitant de nouvelles libertés physiques, organisationnelles et contractuelles, l’individu serait plus à même de construire sa relation au travail, en combinant à l’envi son temps de travail, ses moments individuels ou collaboratifs, à distance ou en présentiel, et le tout dans une grande diversité de lieux.
Telle une vision extrapolée de l’activity based-working, qui dépasserait l’échelle des « locaux de bureau » pour atteindre celle du territoire. Le travail ne serait ainsi plus incarné par un lieu mais un réseau de lieux aux services digitalisés, et surtout par une multitude d’activités, qu’elles soient virtuelles ou physiques. Aller « au bureau » serait significativement moins fréquent qu’aujourd’hui, mais constituerait une expérience collaborative rare et de premier ordre pour ces utilisateurs de demain : les digiratis.
Au pays des Digiratis, Digirati… plaît-il ?
Digirati, est un mot issu de la contraction de « digital » et de « literati », désignant les personnes extrêmement à l’aise avec les nouvelles technologies, qui sont nées avec ces dernières et n’ont pas connu un monde sans internet.
Pour mieux se figurer ces changements, le lecteur suit une journée type d’une de leur représentante, Nina, entrepreneuse française hautement qualifiée, quarantenaire, en contrat « flexwork ».
À l’image des travailleurs de 2040, Nina exerce son activité depuis son domicile, équipé et connecté, et se rend ponctuellement dans le campus CoCity, dès qu’elle souhaite bénéficier d’une expérience collaborative enrichie. Cette zone de la mégalopole lui offre de multiples espaces puisant leur inspiration dans les pratiques du management agile, et stimulent la collaboration et la créativité notamment par le biais d’une salle coopérative organisée selon les principes de la Digital Obeya : mur digitaux, travail debout, affichage en temps réel d’indicateurs clés, etc. Une réunion internationale ? Quoi de plus simple qu’une table-ronde holographique. Les robots d’Intelligence artificielle se chargent de leur côté de réaliser en instantané la traduction de chaque intervention, opèrent un Fact Checking, réalisent un compte-rendu et répartissent les actions à réaliser par chacun. Une fois le meeting terminé, pourquoi ne pas se rendre dans le "ecorridor" voisin, lieu de rencontre virtuel, pendant que son avatar professionnel se rend à une autre réunion grâce au puissant réseau 12G ?
La technologie au cœur
Pure fiction ou prospective réaliste ? Si certaines des évolutions technologiques décrites ici peuvent paraître lointaines, elles puisent en réalité leurs sources dans des produits existants, en développement ou en cours de lancement. Nous ne bénéficions certes pas encore du réseau 12G décrit dans l’étude, mais le passage technologique d’une génération de téléphonie mobile à une autre semble s’intensifier. L’outil d’intelligence artificiel qui serait chargé de vérifier les informations énoncées en réunion en 2040 constitue pour sa part une extrapolation du dispositif en ligne Decodex fact checking développé par le journal Le Monde afin de jauger de la véracité d’information de masse. L’hypothèse de drones qui livreraient les produits achetés par Nina durant son trajet en véhicule autonome, sont quant à eux expérimentés en ce moment-même par La Poste suisse et Amazon ; et ce n’est plus qu’une question de temps (et de réglementation) avant que la voiture autonome ne devienne réalité. De leur côté, les navettes autonomes de transport public qu’emprunteraient les digiratis dans le futur sont actuellement en cours de test − sur le parvis de La Défense par exemple. Côté réunion holographique, il faudra en revanche attendre un peu, même si la cantatrice Maria Callas est récemment apparue sur scène par ce biais. Plus que notre futur, et au-delà du prisme technologique et tertiaire, l’étude “The Smart Workplace in 2040” décrit un monde du travail et une société qui changent : nouvelles formes de contrats de travail, nouvelles formes de retraite, nouveaux modèles économiques, etc. Des transformations qui risquent d’être accélérées par la crise actuelle..
Selon les équipes GWS : en 2040 il y aurait donc moins d’espaces de bureaux mais ceux-ci seraient surtout plus qualitatifs, flexibles et modulables pour s’adapter à des usages polymorphes. L’on assisterait alors à un éclatement physique des lieux d’expression professionnels. L’on n’irait plus « au travail », mais le travail viendrait à nous.
En filigrane, cette exploration questionne la survie du bureau face à la montée en puissance du digital. Quels risques, opportunités et nouvelles demandes se cachent derrière ces prédictions ?
Limites et mérites de l’étude
Au-delà de l’analyse prédictive, il s’agit de questionner dès aujourd’hui les « pourquoi » dissimulés par ces nouvelles tendances, afin de devancer les besoins et solutions futurs liés à l’immobilier et aux activités tertiaires :
- Quand et pourquoi faudra-t-il se réunir sur un même lieu pour travailler ensemble ? Comment les réseaux d’acteurs vont-ils devoir coopérer et partager leurs ressources immobilières ? Quelles sont les solutions technologiques incontournables pour les futurs environnements de travail ? Quels seront les nouveaux rapports sociaux en entreprise ?
Si elle n’apporte pas toujours les bonnes réponses, cette étude a le mérite de poser de bonnes questions.

Marion LE BERRE
Consultante
Advisory & Transaction Services | Occupier
Pour tenter de répondre à cette question par essence insaisissable, les équipes Global Workplace Solutions de CBRE ont réalisé l’étude “The Smart Workplace in 2040”. Une recherche appuyée sur les visions de 26 spécialistes internationaux, tels que des architectes, chercheurs, scientifiques, experts en espaces de travail, etc. Leurs conclusions forment une analyse prospective de 86 pages se penchant sur les potentielles répercussions des évolutions technologiques et sociétales sur nos modes de vie et de travail. Avec du recul, cette étude a étonnamment vu juste.
L’idée centrale de ce rapport, est que, dans une société du savoir et hypertechnologique, l’individu reprend la main sur sa relation au travail qui n’est, dès lors, plus une addition de contraintes mais plutôt une série de choix.
Profitant de nouvelles libertés physiques, organisationnelles et contractuelles, l’individu serait plus à même de construire sa relation au travail, en combinant à l’envi son temps de travail, ses moments individuels ou collaboratifs, à distance ou en présentiel, et le tout dans une grande diversité de lieux.
Telle une vision extrapolée de l’activity based-working, qui dépasserait l’échelle des « locaux de bureau » pour atteindre celle du territoire. Le travail ne serait ainsi plus incarné par un lieu mais un réseau de lieux aux services digitalisés, et surtout par une multitude d’activités, qu’elles soient virtuelles ou physiques. Aller « au bureau » serait significativement moins fréquent qu’aujourd’hui, mais constituerait une expérience collaborative rare et de premier ordre pour ces utilisateurs de demain : les digiratis.
Au pays des Digiratis, Digirati… plaît-il ?
Digirati, est un mot issu de la contraction de « digital » et de « literati », désignant les personnes extrêmement à l’aise avec les nouvelles technologies, qui sont nées avec ces dernières et n’ont pas connu un monde sans internet.
Pour mieux se figurer ces changements, le lecteur suit une journée type d’une de leur représentante, Nina, entrepreneuse française hautement qualifiée, quarantenaire, en contrat « flexwork ».
À l’image des travailleurs de 2040, Nina exerce son activité depuis son domicile, équipé et connecté, et se rend ponctuellement dans le campus CoCity, dès qu’elle souhaite bénéficier d’une expérience collaborative enrichie. Cette zone de la mégalopole lui offre de multiples espaces puisant leur inspiration dans les pratiques du management agile, et stimulent la collaboration et la créativité notamment par le biais d’une salle coopérative organisée selon les principes de la Digital Obeya : mur digitaux, travail debout, affichage en temps réel d’indicateurs clés, etc. Une réunion internationale ? Quoi de plus simple qu’une table-ronde holographique. Les robots d’Intelligence artificielle se chargent de leur côté de réaliser en instantané la traduction de chaque intervention, opèrent un Fact Checking, réalisent un compte-rendu et répartissent les actions à réaliser par chacun. Une fois le meeting terminé, pourquoi ne pas se rendre dans le "ecorridor" voisin, lieu de rencontre virtuel, pendant que son avatar professionnel se rend à une autre réunion grâce au puissant réseau 12G ?
La technologie au cœur
Selon les équipes GWS : en 2040 il y aurait donc moins d’espaces de bureaux mais ceux-ci seraient surtout plus qualitatifs, flexibles et modulables pour s’adapter à des usages polymorphes. L’on assisterait alors à un éclatement physique des lieux d’expression professionnels. L’on n’irait plus « au travail », mais le travail viendrait à nous.
En filigrane, cette exploration questionne la survie du bureau face à la montée en puissance du digital. Quels risques, opportunités et nouvelles demandes se cachent derrière ces prédictions ?
Au-delà de l’analyse prédictive, il s’agit de questionner dès aujourd’hui les « pourquoi » dissimulés par ces nouvelles tendances, afin de devancer les besoins et solutions futurs liés à l’immobilier et aux activités tertiaires :
- Quand et pourquoi faudra-t-il se réunir sur un même lieu pour travailler ensemble ? Comment les réseaux d’acteurs vont-ils devoir coopérer et partager leurs ressources immobilières ? Quelles sont les solutions technologiques incontournables pour les futurs environnements de travail ? Quels seront les nouveaux rapports sociaux en entreprise ?
Si elle n’apporte pas toujours les bonnes réponses, cette étude a le mérite de poser de bonnes questions.

Marion LE BERRE
Consultante
Advisory & Transaction Services | Occupier
Retail Talk
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