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Malgré un potentiel immense, les données sont encore sous-utilisées par les villes

février 18, 2019

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Patrick Vignal, député de l’Hérault, est le président de l’association Centre-Ville en Mouvement. En février, elle a organisé à Aix-en-Provence les premiers États généraux de la Gestion de centre-ville, en partie consacrés au thème de la data.

Patrick VignalPourquoi avoir choisi le thème de la data pour vos des États généraux en 2019 ?

On parle sans cesse de transformation numérique, les datas sont présentées comme la troisième révolution en cours. S’agissant des centres-villes, les datas foisonnent dans tous les domaines – le commerce, l’habitat, l’emploi... La question n’est plus de savoir si elles présentent des avantages, mais comment exploiter ces gisements d’information pour prendre les bonnes décisions. Les villes doivent apprendre à les utiliser, construire des indicateurs, en partageant leurs expériences pour améliorer leurs pratiques.

Qu’en retenez-vous ?

Aujourd’hui, les données sont clairement sous-utilisées par les villes. Les États généraux nous ont permis de saisir les potentialités offertes notamment par la géolocalisation et les données que possèdent les opérateurs de téléphonie mobile. Avec elles, nous pouvons savoir d’où viennent les visiteurs, comment ils viennent, quand, les circuits qu’ils empruntent, etc. Il devient possible d’appréhender les situations, de comprendre les évolutions, d'analyser en détail les mutations et les changements d’habitudes.
 
C’est d’autant plus important que les chiffres contredisent souvent les a priori. Un exemple parmi d’autres : quand les amateurs de football ont le choix de regarder la demi-finale de la coupe du monde de football sur écran géant dans le centre d’Aix-en-Provence ou à Plan de Campagne, le premier attire 50 000 personnes et le second, première zone commerciale de France, est vide ! Cette information est clé pour comprendre le rôle que joue un centre-ville. Dans un moment comme cela, on voit clairement que le centre-ville est le lieu où se vit le sentiment d’appartenance, il est le représentant, le point de ralliement de la ville tout entière. Le déclin de certains centres-villes, notamment dans les petites villes, est donc un problème grave qui va bien au-delà des problèmes du commerce, même si, avec les rideaux baissés, ils en sont souvent le symptôme le plus visible dans l’espace public.
 
Centre-Ville en Mouvement envisage de contribuer au Grand Débat National. Quel est votre projet ?

La solution aux problèmes des centres-villes passera forcément par un retour des habitants, à l’envers du mouvement de périurbanisation dont le mouvement des Gilets jaunes nous rappelle aujourd’hui les nombreux effets pervers. Or pour faire revenir des habitants dans les centres-villes, il faut comprendre leurs attentes. Pour le moment, nous étudions deux modalités : l’organisation de débats dans différentes villes ou une plateforme de consultation ouverte à tous, notamment aux jeunes dont l’avis est essentiel. Nous voulons que chacun puisse se sentir concerné par l’avenir des centres-villes et exprimer un avis, formuler des propositions concrètes.

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