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Blockchain & immobilier
avril 26, 2019
Des caractéristiques de marché différentes
Une différence qui s’explique principalement par les caractéristiques des marchés. Le volume des transactions en nombre est ainsi beaucoup plus élevé sur les marchés financiers, les valeurs unitaires beaucoup plus dispersées, la fréquence de transaction beaucoup plus élevée, y compris avec du high frequence trading. A titre d’exemple, le marché des changes de la city, c’est 3 fois plus de transactions par seconde que le marché immobilier français par an. Et de plus, sur le marché immobilier, l’essentiel du volume est sur le marché CtoC avec le résidentiel (1 million de logements vendus selon la fnaim, versus de l’ordre du millier ou de quelques milliers sur les autres classes d’actifs), alors que les marchés financiers sont essentiellement BtoB. Enfin, le tiers de confiance pour le marché immobilier, qui certifie la propriété, est en France l’Etat.
Le bénéfice et le ROI sont donc beaucoup plus compliqués à calibrer sur les marchés immobiliers. De même, les process éventuels de déploiement sont plus complexes à imaginer, à moins que la puissance publique s’en mêle, alors qu’il est le fait de consortiums des grands acteurs de la place sur les marchés financiers.France ou international ?
Il est ainsi possible que les premiers développements sur les marchés immobiliers viennent de marchés sur lesquels la sécurisation et la certification des transactions sont perfectibles. Ça peut être le cas aux Etats-Unis où les transactions et hypothèques sont enregistrées mais pas certifiées par une multitude d’autorités locales et non pas au niveau fédéral, mais aussi dans les pays émergents. La littérature économique souligne que la certification des transactions est essentielle au développement de l’économie, et notamment la capacité à mobilisation de la dette. C’est donc là que le ROI sera le plus élevé, et on peut imaginer d’ailleurs un rôle clé dans la mise en place d’une solution joué par les banques sur les prêts hypothécaires ou les assureurs qui assurent le risque de validité des titres de propriété aux Etats-Unis.
Autres usages de la blockchain
CBRE a par exemple entamé une réflexion sur l’usage de la blockchain pour la signature des mandats, compte tenu de l’obligation de la tenue du registre électronique des mandats dans le cadre de la loi Hoguet.
Les process traditionnels de signature électroniques reposent en effet sur un workflow de signature dans lequel le document ne peut plus bouger. Or, la loi Hoguet impose aux agents immobiliers d’apposer sur le mandat un numéro unique, s’incrémentant dans l’ordre de signature du mandat par l’agent. La blockchain semble une technologie propice pour résoudre cette difficulté, par la traçabilité parfaite qu’elle permet des actions, en l’espèce de signature et d’apposition du numéro unique.Par ailleurs, si on benchmark les types d’usages qui se développent dans d’autres industries, on peut imaginer des sujets autour d’un carnet d’entretien d’un immeuble par exemple, permettant de faciliter les due diligences techniques et donc d’avoir une meilleure appréciation de la valeur.
On voit aussi des usages se développer sur le contrôle des informations et attestations des fournisseurs. Cela peut évidemment être un sujet pour les métiers d’ensemblier comme peuvent l’être le Design & Build, le property management ou le facility management.
In fine, si la vitesse de développement des usages de la blockchain sur le marché reste incertaine, tester la technologie permettra de progresser sur la courbe d’apprentissage pour accélérer lorsque le marché sera mûr.
Retail Talk
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