Article

La distribution entre ruptures et défis

décembre 9, 2020

consommation

La crise sanitaire pénalise plus les grands centres-villes ou les grands centres commerciaux que les petits, et ce n’est pas entièrement conjoncturel. Dans la distribution alimentaire, par exemple, il y a longtemps que big n’est plus beautiful. Cette crise ne nous l’apprend pas : nous savions que la distribution de masse était dépassée.

"Je crois qu'il ne faut pas avoir peur de parler d'un système de distribution à bout de souffle".

L’obsolescence de ce modèle s’accélère. Les premiers signaux de ce déclin étaient déjà perceptibles au moment de la crise de 2008, moment de césure. La perte de vitesse de l’hypermarché est connue, mais celle du textile, épuisé par une guerre des prix orchestrée par Primark, H&M et Inditex, est encore plus nette. Il avait déjà perdu 25 % de sa valeur en 8 ans, il vient d’en perdre encore 20 % en 2020.

"Les raisons en sont connues : la consommation qui stagne, l'équipement surabondant et les déséquilibres concurrentiels. Mais aussi et surtout un modèle en rupture avec les attentes des consommateurs."
 

Si la situation actuelle vient éclairer la rupture, elle indique aussi un nouvel axe de développement pour la distribution. Cet axe consistera notamment en son hybridation avec la logistique, avec l’aide du digital.  

omnicanale

Ce qui fait la différence, aujourd’hui, c’est la capacité pour une enseigne de gérer efficacement l’ensemble de la chaîne qui va de l’approvisionnement à la mise à disposition des articles au consommateur, où qu’il se trouve. On a ainsi vu, durant le confinement, les forces se déplacer sur l’échiquier des enseignes alimentaires, avec un Intermarché tirant son épingle du jeu grâce à son réseau de proximité et ses drives, tandis que l’image prix d’un Lidl ne lui était guère utile pour faire face à la situation.

Le moyen de cette transformation, c’est le digital, présent de l’amont à l’aval, sous des formes multiples. Il est simpliste de croire que l’e-commerce serait “le grand gagnant” de la crise. Certes, la part des ventes en ligne croît tandis que celle des ventes en magasin décroît, mais ce phénomène ne fait que traduire la transformation omnicanale du commerce. 

drive


"L'intégration du digital est un impératif non pour répondre à la concurrence des pure players tels qu'Amazon, mais pour répondre à une forte, irréversible, des consommateurs. Les conséquences sont considérables et vont obliger les enseignes à revoir totalement leur organisation, de l'amont à l'aval."

Cela passera forcément par une adaptation assez radicale des réseaux de magasins, qui resteront des pivots de l’organisation. Ces réseaux devront être plus denses pour mailler le territoire en proximité, ce qui implique des formats variés pour s’adapter à chaque environnement, et les magasins devront remplir des fonctions multiples, du conseil au service après-vente en passant par le stockage et le click-and-collect.  

Écouter le replay
Télécharger la présentation

Retail Talk 

Inscrivez- vous à notre Newsletter pour recevoir les dernières actualités, tendances