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Nouvelles aspirations, nouveaux territoires ?

octobre 2, 2020

vivreclair

Alors que, sondage après sondage, semble se dessiner une image, celle de la France des grandes villes qui ne rêverait plus que de vivre à la campagne, peut-on considérer que la crise de la Covid a ébranlé profondément le modèle urbain ? Eclairage de Christelle Bastard, Associate Director Etudes 

Ne pas être prisonnier du lointain pour son quotidien, respirer au grand air, savourer la chaleur et l’énergie des lieux de sociabilité : autant de besoins et plaisir simples, dont l’expérience du confinement a mis en lumière la dimension fondamentale pour chacun d’entre nous. 

Dessiner une nouvelle carte de la dynamique urbaine française

S’il n’y aura pas de retour en arrière du phénomène d’urbanisation, une valorisation nouvelle des échelles plus intermédiaires, où les problématiques de qualité de vie, de proximité apparaissent plus aisées à gérer, se dessine déjà. Surtout que la crise du Covid a conduit à remettre sur le devant de la scène la question de la pertinence des périmètres de gouvernance. A l’horizon 2030, les logiques de rééquilibrage, d’ores et déjà à l’œuvre sur le territoire français, vont ainsi s’amplifier*, en s’infléchissant. La dynamique de métropolisation favorable aux régions va se poursuivre, mais sur un mode sans doute moins strictement sélectif, pour se rapprocher davantage de l’organisation urbaine à maille plus resserrée typique du modèle rhénan. Une nouvelle carte de la dynamique urbaine française va se dessiner, qui favorisera moins exclusivement les grandes métropoles régionales, pour profiter à des typologies de villes plus diversifiées, et renforcera l’armature urbaine de notre pays.

Repenser la ville du quart d’heure


Les réflexions qui se développaient pour repenser la ville du quart d'heure, de l'hyper-proximité, des services mais aussi de la nature vont donc s’accélérer. Une ville animée, grâce à l’activité de ses rez-de-chaussée, et généreuse de ses espaces publics, redimensionnés pour accueillir les piétons, la végétation, les jeux des enfants et les terrasses aux beaux jours, tout en préservant les impératifs de l’activité économique. 

Cette réaffirmation du modèle historique de la ville européenne, vivante, humaine et économe, où la compacité doit redevenir synonyme de qualité de vie, va conduire à des politiques d’aménagement cherchant à rapprocher les différents temps de la vie (habitat, loisirs/détente, consommation, travail) pour limiter les déplacements. Ce retour sur le devant de la scène des logiques de mixité des fonctions au niveau des pôles urbains implique un double enjeu : diversifier l’offre d’équipements/services des espaces moins denses à dominante résidentielle, dans une logique d’animation et de socialisation, afin d’en finir avec les banlieues dortoirs plus ou moins chics, et opérer le retour dans les espaces centraux de certains usages économiquement les moins valorisés. 
La structuration de cette nouvelle diversité des fonctions à l’échelle locale est rendue d’autant plus nécessaire que les années à venir vont marquer la fin du règne de l’automobile dans le cœur dense des grandes villes françaises, et plus seulement à Paris. Les décisions stratégiques qui ont été prises lors du déconfinement (aménagements à grande échelle de pistes cyclables et surtout appel au maintien du télétravail) montrent que les autorités publiques ont désormais conscience de l’urgence à lutter plus volontairement contre les problématiques de pollution et de congestion urbaines, pour répondre à la demande citoyenne.

«Le résultat des dernières élections municipales illustre ce que les populations viennent chercher dans nos métropoles régionales : des villes à dimension humaine, des villes plus respectueuses, plus vertes. L’accueil de ces populations y constitue donc, incontestablement, un enjeu majeur pour l’immobilier résidentiel » confirme Stanislas Leborgne, Executive Director Régions CBRE France.

« Mais n’oublions pas pour autant la problématique de la qualité des parcs de bureaux, qui se pose sur nos principaux marchés avec d’autant plus d’acuité que l’arrêté relatif aux conditions de mise en œuvre du décret tertiaire paru le 3 mai 2020. Les investisseurs disposent désormais de directives claires pour opérer les restructurations et les remises aux normes qui s’imposent, afin de faire entrer de plein pied nos immeubles dans la nouvelle ère de la durabilité. » conclut-il. 

*Pour creuser le sujet, cf. « Le grand pari des régions : investir dans les grandes métropoles régionales à l’ère de la métropolisation de l’expérience utilisateur », CBRE, septembre 2019. 

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