3 avril 2020

Dans cette période sans précédent, Grégoire de la Ferté, Directeur Exécutif Bureaux Ile-de-France chez CBRE France, analyse l’impact de la crise du Covid-19 sur le marché locatif des bureaux en Ile-de-France.

2020 : un trou d'air ou une inversion de cycle ?


L’arrivée de cette crise sanitaire et économique en France a plongé le monde économique dans l’inconnu et dans un contexte d’incertitude économique sans précédent.

L’activité tertiaire en Ile-de-France, très dépendante de la santé économique du pays (notamment des créations d’entreprises et d’emplois), se trouve mise à mal et devrait enregistrer un net recul par rapport à 2019. Depuis le début de cette période de confinement, la demande exprimée pour des petites et moyennes surfaces (< 5 000 m²) s’est nettement réduite, ce qui limitera le renouvellement des négociations dans les prochaines semaines. L’activité n’est néanmoins pas nulle, des transactions continuent de se signer, y compris durant la période de confinement. Les entreprises ayant une vision de long terme de leurs stratégies immobilières (administration publique et parapublique) et celles moins affectées par la crise économique poursuivent les négociations. Les projets structurants motivés par des besoins d’optimisation / modernisation des bureaux se maintiennent. Au total, le marché locatif tertiaire francilien pourrait ainsi enregistrer un niveau de demande placées proches des niveaux planchers enregistrés lors des crises précédentes.

Du côté de l’offre, en dépit d’un recul de la demande locative, l’évolution à la hausse de la vacance devrait rester relativement contenue au niveau francilien en 2020. A fin 2019, les taux de vacance avaient atteint des records historiquement bas, inférieurs à 2% dans Paris et à 5% pour l’ensemble de l’Ile-de-France. Les chantiers de construction étant aujourd’hui à l’arrêt, de nombreux retards de livraisons de projets neufs/restructurés sont anticipés, ce qui permettra de contenir l’augmentation de la vacance sur les prochaines semaines à venir.

Relativement à l’évolution des valeurs locatives, au vu de la faiblesse du niveau de vacance et du décalage d’un certain nombre de projets, les valeurs faciales ne devraient pas reculer de manières significatives. Pour mémoire, les valeurs avaient reculé de moins de 5% lors des précédentes fortes baisses de volumes placés. Seuls certains secteurs sur-offreurs comme La Défense ou Péri-Défense sont soumis à un risque de repricing. L’accompagnement des utilisateurs via, plus de mesures d’accompagnement, sera alors nécessaire. 

Vers une reprise en 2021 ?


Le marché locatif tertiaire connaîtra une reprise, c’est certain ! Cependant, le timing de cette reprise dépendra de la durée et de l’ampleur de cette crise sanitaire et économique. Le rebond de croissance anticipé par certains instituts économiques, à partir de 2021, favoriserait le regain d’activité sur le marché locatif des bureaux. La visibilité sur les perspectives économiques reste fragile et nous amène à rester prudents.


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