23 octobre 2018
Les arbres absorbent des particules fines de pollution et offrent des espaces d’ombre qui manquent à beaucoup de villes. Cela en fait une ressource précieuse dans les environnements urbains densément peuplés. En France comme dans d’autres métropoles mondiales, les projets qui visent à augmenter leur nombre se multiplient.

À l’heure où les experts climats de l’ONU (Giec) appellent à des « transformations sans précédent » pour limiter le réchauffement climatique, le sujet des arbres en ville n’en est que plus actuel. Ces espèces végétales éliminent la pollution atmosphérique, en absorbant le dioxyde de carbone ou la poussière, apportent de l’ombre et préviennent les inondations. En plus de leur qualité esthétique, les arbres permettent aussi de baisser les températures des villes. Ils améliorent la santé de leurs habitants et réduisent de facto le nombre de décès liés à la pollution et à la chaleur. En découle un impact bien évidemment positif sur la valeur du capital immobilier.
 

Paris, s’ouvre à la biodiversité

Avec son plan biodiversité 2018-2024 adopté le 20 mars 2018, la ville de Paris a pour objectif d’accroitre considérablement la végétalisation de la superficie non bâtie de la ville. Et Paris en a besoin, en témoigne les données partagées sur Treepedia, un outil qui analyse la couverture végétale des métropoles.
Issue d’une concertation de plus de 2 ans avec les parisiens, les Mairies des différents arrondissements, les groupes politiques du Conseil de Paris, les partenaires de la ville et les associations, le programme du plan biodiversité se décline en 30 actions regroupées en 3 axes. L’une d’entre elles étant de renforcer la place des arbres dans la biodiversité parisienne.

Engagements Paris Green initiatives

Chicago, sursaut après le chaos

En 2016 à Chicago, une maladie en entraîné la perte soudaine d’environ 13 millions de frênes dans une ville qui en comptait 150. Si la maladie n’a pas décimé l’ensemble des espaces verts, cela a suffi à provoquer une prise de conscience chez les habitants. De cet incident est né « The Chicago Trees Initiative » avec pour but d’améliorer de manière significative les espaces forestiers d’ici à 2040.

Sydney, pression des températures

La prise de conscience se fait également à l’autre bout du globe. À Sydney, en Australie, le « National Landcare Program » a lancé une initiative visant à planter 20 millions d’arbres d’ici à 2020. Au-delà de ce chiffre, les objectifs associés sont de soutenir les initiatives environnementales locales, de créer un engagement communautaire et enfin de contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans un pays où les vagues de chaleur ont tué plus de personnes que toutes les autres catastrophes naturelles combinées, il est de la plus haute importance de fournir les efforts nécessaires.

Londres, distribution d’arbres gratuite

L’actuel maire de Londres, Sadiq Khan a conclu un partenariat avec Woodland Trust (organisme britannique sans but lucratif consacré à la protection du patrimoine forestier du pays) qui fournira 24 000 arbres gratuits à planter dans les jardins des Londoniens. 25 000 arbres supplémentaires seront offerts à des groupes communautaires et aux écoles de la capitale. Ils seront mis en terre le week-end du samedi 1er décembre 2018 pour marquer la « National Tree Week » (Semaine nationale des arbres et des forêts). Erables, bouleaux, noisetiers et aubépines rejoindront les quelques 8,4 millions individus déjà en terre. Cette population forestière débarrasse chaque année la ville de l’équivalent de 2,241 millions de tonnes d’air pollué (constitué de dioxyde de carbone, poussières ou autres gaz toxiques). Les efforts concernent aussi tout le pays : l’ajout de 3 millions d’arbres est prévu d’ici à 2040.

En route vers l’agriculture urbaine ?

Les initiatives vertes ne se limitent pas au nombre d’arbres. On parle aussi de plus en plus d’agriculture urbaine, notamment avec l’« Objectif 100 hectares », un projet ambitieux signé par la Mairie de Paris et divers partenaires. Il vise à végétaliser 100 hectares de bâti (toits, façades, murs…) d’ici à 2020 dans la capitale, dont un tiers sera consacré à l’agriculture. En région, la dynamique est également de mise. Marseille se distingue avec son projet innovant Smartseille. Ici on expérimente l’urbanisme de demain, commandé par l’évolution des modes de vie. Ce projet durable combine logements, résidences senior, bureaux, services, commerces, verger, potager et autres espèces végétales destinées à ravitailler une partie des besoins des 4000 habitants et 2000 employés. L’écoquartier a accueilli ses premiers habitants en 2017.