Tribune libre
février 12, 2018

Toulon centre-ville : une stratégie globale menée dans la durée

Jérôme Chabert, directeur général de Var Aménagement Développement

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La SEM Var Aménagement Développement (VAD) intervient depuis 2002 sur le centre ancien de Toulon. Elle est présidée par Hélène Audibert, conseiller départemental du Var, adjointe au maire Hubert Falco, déléguée à la stratégie urbaine et la rénovation du centre-ville. En 2017, un troisième contrat de concession lui a été attribué pour 10 ans, sur un secteur qui passe de 30 à 60 hectares.

Quel est le rôle de VAD dans le centre-ville de Toulon et comment se porte-t-il ?

La Ville de Toulon a délégué dès 2002 à VAD la mise en œuvre de sa stratégie de renouvellement et de développement urbains du centre ancien. Nous avons acquis 80 000 mde plancher, ce qui nous a permis de rénover ou restructurer 3 800 logements sur les 6 000 du centre ancien, en procédant parallèlement à de nombreux aménagements d’espaces publics afin de mener une requalification globale. Ceci a été réalisé avec l’aide de l’ANAH, de l’ANRU, de la Ville, de la Métropole et du Département et de la Région.

Toulon commence clairement à recueillir les fruits de ces efforts. Nous voyons arriver des investisseurs, la vacance commerciale diminue. Nous avons installé il y a bientôt un an, en nous appuyant sur une foncière que nous avons créée avec un investisseur privé et la Caisse des Dépôts, une trentaine de commerces à thème sur la rue des Arts et la nouvelle place de l’Equerre.

Mais il faut du temps pour redynamiser un centre-ville, vingt-cinq ans ne seront pas de trop, même dans une ville comme la nôtre où la continuité politique a été un atout évident pour poursuivre une stratégie de longue haleine. Ça ne se fait pas en un mandat.

Justement, l’action de VAD a démarré en 2002, et va se poursuivre jusqu’en 2027. Qu’allez-vous faire sur le plan commercial ?

Notre nouveau contrat de concession est largement tourné vers le développement économique et commercial. C’est la raison pour laquelle nous travaillons sur un périmètre deux fois plus étendu, qui englobe l’axe des gares autour duquel nous installons des activités tertiaires et d’enseignement,  les ports — très actifs, les ferries et les bateaux de croisières nous amenant notamment de très nombreux touristes ou voyageurs vers la Corse — et le centre commercial Mayol, qui jouxte le centre ancien. Nous ne concevons pas la politique commerciale indépendamment du développement urbain et économique : ils forment évidemment un tout pour attirer des investisseurs, dont les enseignes font partie.

Sur ce dernier point, nous avons été accompagnés par CBRE—Convergences pour élaborer une stratégie. Elle retient notamment quatre sites susceptibles d’accueillir des moyennes surfaces attractives dans le centre. La faisabilité opérationnelle de ces projets concrets est déjà à l’étude.

Vous mettez également en place une équipe dédiée au développement économique et au commerce…

VAD devient la porte d’entrée unique pour les investisseurs intéressés par le centre-ville, mais s’appuiera, en plus de ses ressources propres, sur le service Commerce de la Ville. Il s’agit de mutualiser, de fédérer, de coordonner les efforts pour être plus efficace. Une équipe de quatre personnes, dont un manager de centre-ville, sera épaulée par des prestataires extérieurs pour des études ou des mandats de commercialisation spécifiques. Nous allons aussi, avec l’aide de CBRE—Convergences, nous doter d’indicateurs pertinents pour suivre les résultats de nos efforts en matière commerciale.